Épargne, retraite et investissement : les Français veulent mieux préparer leur avenir financier

plantes qui poussent dans des pots d'argent

Comment les Français parlent-ils d’argent ? À qui font-ils confiance pour gérer leur épargne ? L’école devrait-elle enseigner les bases de la finance personnelle ? Le dernier Observatoire Corum l’Épargne apporte des réponses à ces questions à travers une enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de la population française. Les résultats mettent en lumière une meilleure acceptation des discussions autour de l’argent, une forte attente en matière d’éducation financière et une préférence marquée pour les placements prudents.

Présentation de l’étude

L’Observatoire Corum l’Épargne 2026 s’intéresse au rapport qu’entretiennent les Français avec l’argent, l’épargne et l’investissement. Cette étude analyse notamment la place qu’occupe l’éducation financière, les habitudes de discussion autour des questions d’argent, les préoccupations liées à la retraite ainsi que les sources de conseils privilégiées pour gérer son patrimoine.

Pour cette édition, l’enquête a été réalisée par OpinionWay pour Corum L’Épargne auprès d’un échantillon représentatif de 1 004 Français âgés de 18 ans et plus. Les participants ont été interrogés en ligne entre le 2 et le 8 avril 2026 selon la méthode des quotas, afin de refléter la diversité de la population française.

À travers plusieurs thématiques, l’étude cherche à mieux comprendre les comportements et les perceptions des Français face aux enjeux financiers. Elle s’intéresse notamment à la manière dont les différentes générations parlent d’argent, aux attentes en matière d’éducation financière, à la préparation de la retraite, aux stratégies d’épargne privilégiées ainsi qu’à la confiance accordée aux différents acteurs susceptibles de fournir des conseils financiers, qu’il s’agisse des banques, de l’entourage, des professionnels du patrimoine ou encore des outils d’intelligence artificielle.

Les résultats mettent en évidence plusieurs tendances fortes : une ouverture croissante des discussions autour de l’argent au sein des familles, une demande importante d’enseignement de l’éducation financière à l’école, une forte prudence dans les décisions d’investissement et une confiance qui reste largement accordée aux conseillers humains plutôt qu’aux solutions d’intelligence artificielle.

Les discussions autour de l’argent s’ouvrent progressivement

Pendant longtemps, les questions d’argent ont été considérées comme relevant exclusivement de la sphère privée. Les résultats de l’étude montrent toutefois que cette perception évolue. Aujourd’hui, plus de huit Français sur dix indiquent que les sujets financiers sont abordés au sein de leur famille, qu’il s’agisse des revenus, des dépenses, de l’épargne ou encore des projets d’investissement.

Cette évolution est particulièrement visible chez les jeunes générations. Les moins de 35 ans déclarent plus souvent connaître la situation financière de leur foyer et échanger naturellement avec leurs proches sur ces sujets. À l’inverse, les personnes âgées sont davantage nombreuses à avoir grandi dans un environnement où parler d’argent était peu courant, voire considéré comme tabou.

Pour autant, ces échanges restent largement limités au cercle familial. Le conjoint constitue le premier interlocuteur lorsqu’il s’agit d’évoquer les finances personnelles, devant les parents et les autres membres de la famille. Les amis arrivent ensuite, tandis que les collègues de travail restent rarement associés à ces discussions.

L’éducation financière est devenue une attente largement partagée

L’un des principaux enseignements de l’Observatoire concerne la place que pourrait occuper l’éducation financière dans les programmes scolaires. Une très large majorité des répondants estime que l’école devrait donner aux élèves les connaissances nécessaires pour mieux comprendre la gestion de leur argent.

Les attentes portent avant tout sur des compétences concrètes, directement applicables dans la vie quotidienne. Les Français souhaitent que les jeunes apprennent à construire un budget, à maîtriser leurs dépenses, à reconnaître les arnaques financières et à comprendre les principaux mécanismes de l’investissement.

Cette demande est particulièrement forte chez les jeunes adultes. Les 18 à 24 ans sont les plus nombreux à considérer que ces enseignements devraient être intégrés au parcours scolaire, probablement parce qu’ils sont confrontés très tôt aux premières décisions financières importantes : études, logement, crédit ou premiers investissements.

La banque et la famille restent les principales sources de conseils

Malgré le développement des contenus financiers sur Internet, les Français continuent de privilégier les échanges avec des interlocuteurs qu’ils connaissent. Les conseils délivrés par leur banque et par leur entourage familial sont jugés les plus satisfaisants, loin devant ceux provenant des médias, des réseaux sociaux ou des plateformes numériques.

Cette confiance s’explique notamment par la personnalisation des échanges et par la possibilité de poser des questions adaptées à sa propre situation financière. Pour de nombreux répondants, les recommandations provenant d’un conseiller ou d’un proche restent plus rassurantes que les informations disponibles en ligne.

Les comportements varient toutefois selon les générations. Les plus jeunes déclarent utiliser davantage Internet, les comparateurs spécialisés ou encore les outils d’intelligence artificielle pour compléter leurs recherches avant de prendre une décision.

Préparer sa retraite est une préoccupation croissante

La retraite constitue l’un des principaux sujets d’inquiétude mis en évidence par l’étude. Deux personnes sur trois qui ne sont pas encore retraitées se disent préoccupées par leur future situation financière.

Cette inquiétude s’accompagne d’une conviction largement partagée : il est préférable de commencer à constituer une épargne le plus tôt possible. Pour une majorité de répondants, cette préparation devrait débuter dès les premières années de la vie professionnelle. Certains considèrent même que les premières démarches pourraient être engagées pendant les études afin de profiter d’un horizon d’investissement plus long.

Interrogés sur les conseils qu’ils donneraient aux générations plus jeunes, les Français évoquent très majoritairement la nécessité d’épargner régulièrement, de gérer son budget avec rigueur et d’anticiper les besoins futurs. La diversification des placements et la préparation de la retraite figurent également parmi les recommandations les plus fréquentes.

En revanche, cette prise de conscience ne s’accompagne pas forcément de regrets personnels. Une partie importante des répondants estime avoir fait les meilleurs choix possibles compte tenu de leur situation financière passée, tandis que d’autres expliquent qu’ils ne disposaient tout simplement pas d’une capacité d’épargne suffisante.

Des investisseurs qui privilégient avant tout la sécurité

L’étude confirme que les Français conservent une approche prudente lorsqu’il s’agit d’investir leur épargne. Face à un choix entre rendement potentiel et limitation des pertes, une très large majorité privilégie la sécurité.

Cette préférence influence également les décisions d’investissement. Avant de placer leur argent, les répondants recherchent avant tout des conseils auprès de leur banquier. Lorsque les montants deviennent plus importants, le recours à un conseiller en gestion de patrimoine progresse sensiblement, signe que les Français souhaitent bénéficier d’un accompagnement personnalisé pour les décisions les plus engageantes.

Les plateformes spécialisées, les comparateurs en ligne ou les médias économiques restent des sources complémentaires, davantage utilisées par les profils les plus jeunes ou les catégories socioprofessionnelles supérieures.

L’intelligence artificielle ne remplace pas encore le conseil humain

L’arrivée des outils d’intelligence artificielle transforme progressivement l’accès à l’information financière. Malgré cela, les résultats de l’Observatoire montrent que ces technologies ne bénéficient pas encore d’un niveau de confiance comparable à celui des professionnels ou des proches.

Une majorité de Français déclare ne pas utiliser l’IA pour obtenir des conseils financiers ou ne pas lui faire suffisamment confiance pour prendre des décisions d’investissement. Les répondants privilégient encore les recommandations d’un banquier, d’un conseiller patrimonial ou de leur entourage.

Les écarts générationnels restent toutefois marqués. Les moins de 35 ans apparaissent plus enclins à consulter des assistants conversationnels ou des outils d’aide à la décision, tandis que les plus de 50 ans demeurent largement attachés aux échanges avec un interlocuteur humain.

Des comportements financiers en pleine évolution

L’Observatoire Corum l’Épargne met en évidence une évolution progressive des comportements financiers des Français. Les échanges autour de l’argent deviennent plus fréquents, l’éducation financière est perçue comme un levier important pour préparer l’avenir et la retraite constitue une préoccupation partagée par une grande partie de la population.

Dans le même temps, les habitudes d’investissement évoluent plus lentement. Les Français privilégient toujours des stratégies prudentes, recherchent des conseils personnalisés et accordent davantage leur confiance aux professionnels qu’aux nouvelles technologies. Si l’intelligence artificielle commence à trouver sa place parmi les outils d’information, elle ne s’impose pas encore comme un véritable substitut au conseil humain dans les décisions patrimoniales.

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